Symposium 2014

English

The neutral in question
International Symposium for Phenomenology
Perugia, Italy, July 7-12, 2014

[version française]

This year’s symposium addresses a question that cuts through the disciplines, in
particular: philosophy, psychoanalysis, aesthetics, postcolonialism, feminism
and politics. What does it mean to put the neutral in question? It seems as
though there can be no single answer. Since the “neutral” is literally “neither the
one nor the other,” it is a concept that is, by definition, marked with
indeterminacy. Thus, it will take on different meanings – even more so than is
customary – in different contexts, disciplines, spaces and times: a chameleon
concept.

To ‘question the neutral’ has historically been construed in two ways: either
questioning indifference as a critique of the supposedly unbiased middle ground
between two established poles. Or it can mean investigating particular
formations of a more radical indeterminacy which, with Barthes’ suggestive
formulation, ‘derails the paradigm’ by exploring relations other than those of
static oppositions: objectivity-subjectivity, man-woman, truth-falsity, first worldthird
world etc. How to define alternative relations to these oppositions remains,
even today, an open question.

Phenomenology, in fact, began by giving a decisive role to neutrality as a
central, operative concept in a two-fold manner: a desire for impartiality
regarding all intentional analyses of the relations between subject and world,
but also through the more radical questioning of experiential life in the epoché,
as a particular form of ‘neutrality modification’. This original point of departure
raised numerous difficulties that gave rise to developments – both within and
outside phenomenology – that can be read as attempts to problematize, redefine
or criticize the thematization of neutrality. In psychoanalysis, neutrality also
played a role in the formation of the analytic stance with the ideal of Indifferenz
– or ‘neutrality’ – on the part of the analyst, which has been feeding an ongoing
debate about the psychoanalytical treatment.

But these gestures with regard to neutrality were already inscribed within a
larger (neo-Kantian and pragmatist) critique of positivist scientism and
naturalism, where the value of scientific (and thus universal) neutrality played a
crucial role. Indeed, by recognizing interest and bias as the basis of any life
form, philosophers of life and of biology showed that science is itself an
essentially biased process, as is life itself. But the concept of neutrality has been
criticized for being blind to its own implicit ideals from other perspectives as
well. For the past few decades, there has been a growing conviction that
scientific ‘neutrality’ as ‘freedom from values’ (Weber) is not only unnecessary
in order to achieve objectivity in a real (and new) sense, but also actually a
hindrance. Could it be that the prevailing standards for maximizing objectivity
within the Western production of knowledge are too weak to identify the
Eurocentric and androcentric assumptions that are operative within it? Contrary
to a traditional understanding then, Western science could also from these
perspectives be shown to be both epistemologically and ethically
underdeveloped.

This line of critique seems, in turn, to call for a reframing of the question from a
perspective lying outside of philosophy, for instance, from that of an aesthetic
experience that opens onto other possibilities. For Blanchot, the neutral names
an experience of what is outside of phenomenality, while at the same time
letting this outside erupt within phenomenality, precisely as writing. But this
endeavour to accommodate the neutral constantly runs the risk of drawing us
back into spheres of the already known. After all these attempts, the enigma
with which we are then left is whether the neutral can actually be presented or
whether it need always remain in question. The question of the neutral thus
invites us to rethink what is at the heart of both phenomenology and its related
disciplines today, from a multitude of different directions.

Français
Le neutre en question
Symposium International de Phénoménologie
Perugia, Italie 7-12 juillet 2014
Cette année, le symposium abordera une question qui traverse plusieurs
disciplines, entre autres la philosophie, la psychanalyse, l’esthétique, les études
postcoloniales, le féminisme et la science politique. Qu’est-ce que mettre en
question le neutre? Il semble qu’il ne saurait y avoir de réponse unique à cette
question. Étant au sens littéral ce qui n’est « ni l’un ni l’autre », le neutre est un
concept par définition marqué par l’indéterminé. Dès lors, il prendra—plus
encore que de coutume—des sens différents suivant les contextes, les
disciplines, les lieux et les époques: un concept caméléon.

Historiquement la question du neutre a souvent été abordée de deux manières:
soit par une interrogation sur l’indifférence comme critique d’un soi-disant
impartial sol commun à deux pôles préétablis. L’autre approche consiste à
s’intéresser à certaines formes particulières d’une indétermination plus radicale
qui, selon la formulation de Barthes, « déjoue le paradigme » en nous faisant
explorer des relations autres que les oppositions statiques de l’objectivité et de
la subjectivité, de l’homme et de la femme, de la vérité et de la fausseté, du
monde riche et du tiers-monde, etc. La question de savoir comment définir de
nouvelles relations à de telles oppositions reste, jusqu’à ce jour, ouverte.
La phénoménologie s’inaugura en donnant un rôle décisif à la neutralité qui est
pour elle un concept central et opérant dans deux sens: d’une part celui d’un
désir d’impartialité dans toutes les analyses des rapports du sujet avec le monde,
et d’autre part dans le sens qui soutient un questionnement plus radical de la vie
de l’expérience par l’épochè prise comme une forme particulière de la
« modification de neutralité ». Ce point de départ originel a soulevé de
nombreuses difficultés qui débouchèrent sur des développements prenant place
autant au-dedans qu’au dehors de la phénoménologie, et qui peuvent être lus
comme des tentatives de problématisation, de redéfinition et de critique de la
thématisation phénoménologique du neutre. En psychanalyse également, la
neutralité joua un rôle dans la formation de la posture analytique avec son idéal
de l’Indifferenz—ou de la « neutralité »—de l’analyste ; un idéal qui a nourri le
débat toujours ouvert autour du traitement psychanalytique.

Mais de telles approches du thème du neutre s’inscrivaient d’emblée dans une
critique (d’inspiration néo-Kantienne et pragmatiste) plus large des sciences
positives et du naturalisme pour lesquelles la valeur de neutralité scientifique—
c’est-à-dire universelle—jouait un rôle crucial. En effet, en reconnaissant la
présence de l’intérêt et de la partialité au coeur de toute forme de vie, les
philosophes de la vie et de la biologie ont montré que la science est elle-même
un processus essentiellement partial, tout comme la vie. Or d’autres
perspectives permettent une critique de l’ignorance que le concept de neutralité
entretient avec ses propres idéaux implicites. Dans les récentes décennies, nous
avons assisté à un renforcement de l’idée que la « neutralité » scientifique prise
comme « neutralité axiologique » (Weber) est non seulement superflue pour
atteindre l’objectivité au sens réel (et nouveau), mais qu’elle en constitue un
obstacle. Se pourrait-il que les procédures habituelles censées maximiser
l’objectivité dans la production de savoirs en Occident soient trop faibles pour
être en mesure d’identifier les présuppositions eurocentriques et
androcentriques qui opèrent en leur sein? Au contraire d’une certaine opinion
traditionnelle, de telles approches permettent ainsi, tout comme la
phénoménologie et la psychanalyse l’ont noté auparavant, de montrer que la
science occidentale est sous-développée non seulement du point de vue
épistémique mais également du point de vue éthique.

En retour, cette forme de critique semble réclamer un recadrage de la question
d’un point de vue extérieur à la philosophie, par exemple, de celui d’une
expérience esthétique capable d’ouvrir à de nouvelles possibilités. Pour
Blanchot, le neutre désigne une expérience limite de ce qui se tient en dehors
de la phénoménalité, en même temps qu’il désigne l’expérience de laisser
cette extériorité éclater au sein de la phénoménalité même, justement comme
écriture. Mais cet effort d’héberger le neutre risque sans cesse de nous ramener
dans les sphères du connu. Au terme de tant de tentatives, nous nous trouvons
donc devant l’énigme de savoir si le neutre peut effectivement être présenté ou
s’il ne peut jamais que rester en question. La question du neutre nous invite
donc à repenser depuis un grand nombre de perspectives ce qui se tient
aujourd’hui au coeur de la phénoménologie comme de ses disciplines soeurs.

Sun 6
Mon 7
Tue 8
Wed 9
Thu 10
Fri 11
9.30
“Neutral Ontologies as a Curse to Politics”
Arjen Kleinherenbrink
“Littérature en neutre – sur Clarice Lispector”
Marcia Cavalcante-Schuback
“Questioning the Neutral: Phenomenology’s reliance on the Colonial Colour Scheme”
Nicholas Smith
“The Epistemology of Nihilism in Otto Weininger’s 1903 Sex and Character: An Investigation of Fundamental Principles”
Bettina Bergo
Business Meeting
11.00
Break
Break
Break
Break
Break
11.30
“The Middle Included: Neutrality, Virtue and Freedom in Greek Philosophy”
Ömer Aygün
“Between Loquacity and Reticence: On the Microscripts of Robert Walser”
Peter Hanly
“La neutralité de l’apparition : essai sur la thématisation phénoménologique du neutre”
Emre Şan
“The Formal Foundations of Irigaray’s Thought of Sexual Difference”
Dorothea Olkowski
“Le neutre est-il une donnée immédiate de la conscience ?”
Xavier Roth
13.00
Lunch
Lunch
Lunch
Lunch
Lunch
17.00
Book session Deleuze’s Critique of Liberal Neutrality: The Significance of Fundamentalim, Exclusivism, and Nationalism to Political Anthropology by Rockwell Clancy
Commented by:
– Fredrika Spindler
“The Fiction of the Neutral”
Patrick Roney
FREE
AFTERNOON
“The Banality of Evil and the Neutrality Modification: A Homology and its Implications”
Marilyn Nissim-Sabat
“Economie et singularité”
Gido Berns
20.00
Arrival Dinner
Dinner
Dinner
Dinner
Dinner
Party

Please find our updated program for the 2014 Symposium:

program.2Final

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